Trapèze des Mascareignes

Définition

Le Trapèze des Mascareignes est une zone géographique dans le sud ouest de l’océan Indien. Il est constitué par 5 Pays et 6 îles principales dont La Réunion, Madagascar, l’île Maurice, Les Seychelles, Les Comores et Mayotte. Le Trapèze des Mascareignes est souvent confondu avec les Mascareignes qui est l’archipel formant les îles de La Réunion, Ile Maurice, Rodrigues et quelques îles proches.
Selon la légende, l’hospitalité du peuple qui constitue cette région est tellement exceptionnelle. Ainsi, ceux qui l’ont visité ne veulent plus repartir. Le Trapèze des Mascareignes partage les mêmes mythes que le Triangle des Bermudes.

Vue Globale du Trapèze des Mascareignes


Géographie et localisation du trapèze


La Zone Géographique du Trapèze des Mascareignes s’étend sur plus de 3,3 millions de km2. Les 4 coins du trapèze représentent une longueur totale d’environ 7350km.
Situé au large de la côte Est de l’Afrique, la pointe sud du Trapèze est situé à 1050km de la Ville de Maputo en Mozambique.
Le Trapèze des Mascareignes est à cheval sur le tropique du Capricorne. La zone nord du Trapèze se trouve en dessous de l’équateur. Son point culminant est de Piton de Neige avec ses 3.071 mètres d’altitudes.
Le Piton des neiges est le point culminant du Trapèze des Mascareignes. Il est situé à l’île de La Réunion et culmine à 3.071 mètres. Avec ses 182 km2, le Lac d’Alaotra à Madagascar est le plus grand Lac du Trapèze des Mascareignes.
Cette zone de l’Océan Indien est considéré comme une région volcanique avec la présence du piton de la fournaise, volcan encore actif à La Réunion ou le mont Kartala aux Comores qui s’est réveillé en 2005 après 14 ans de sommeil.


Climat tropical


Le Climat dans le Trapèze des Mascareignes est tropical. La température se situe généralement entre 18 et 31 °C. La chaleur dépasse rarement les 35°C, même dans les zones du tropique du capricorne comme à Tuléar. Cependant, en altitude la température peut chuter jusqu’à 4°C. L’été austral (chaud et humide) se retrouve entre le mois de novembre et mars, c’est la saison des pluies.
Les périodes cycloniques arrivent généralement entre mi-janvier et le mi-mars. Les plus fortes cyclones tropicales qui ont ravagé cette zone de l’Océan Indien sont: le cyclone Geralda (1994), le cyclone Gafilo (2004), le cyclone Hollanda (1994), le cyclone Gamède(2007) et le cyclone Hyacinthe(1980).


Histoire du Trapèze des Mascareignes

Même s’il est difficile de tracer une histoire commune aux îles du Trapèze des Mascareignes, nous pouvons toutefois distinguer quelques périodes importantes avant les colonisations des îles.

La première partie de l’histoire remonte entre -2000 et -700 avant JC par le peuplement de Madagascar, primordialement d’origine austronésienne. Toutes les recherches archéologique, historique, linguistique et génétiques confirment cette origine.
Ensuite, entre les années 700 et 1600, les néo-austronésiens, les bantous, les perses et les arabes ont navigué dans l’Océan Indien. Les Austronésiens originaires de l’archipel indonésien ou protomalgaches et les bantous ont peuplés l’île de Mayotte. Les perses et les arabes se sont installés aux Comores et dans une partie du Nord de Madagascar. Les arabes ont également découvert l’île Maurice durant ces périodes.
Les navigateurs Portugais ont découvert Les Seychelles et La Réunion vers les années 1500. Vasco de Gama, atteint les Seychelles en 1502 lors d’un second voyage vers l’Inde. Le portugais Pedro de Mascarenhas aurait découvert l’archipel des Mascareignes le 9 février 1513.
Les portugais étaient également les premiers Européens à découvrir Madagascar le 10 Août 1500 à travers le navigateur Diogo Dias.
Cette partie du Sud Ouest de l’Océan Indien, appelée également Trapèze des Mascareignes est riche par la multi-culturalité de sa population grâce à ces différentes origines. La présence des indiens dans cette zone s’est intensifié entre le XIe et le XIIIe siècle, les Anglais ont découvert les îles vers me XVIè siècle, et les Français et Néérlandains vers le XVIIè siecle.

Faunes et Flore endémiques

Le Trapèze des Mascareignes est l’une des zones les plus riches en biodiversité au niveau mondial. A titre d’exemple, Madagascar tient entre 80 % et 90 % de faunes endémiques dont le plus petit primate du monde qui pèse 30g, 15 genres de lémuriens et 101 espèces.
Tout d’abord, les Seychelles sont connues pour ses tortues géantes Aldabrachelys gigantea. Elles ont une espérance de vie entre 80 et 120 ans.
Ensuite, la Réunion est un véritable paradis pour les amateurs d’oiseaux et d’insectes endémiques, à l’image du Solitaire de Bourbon (Ibis de La Réunion) qui a aujourd’hui disparu. Celui-ci n’est pas à confondre avec le Dodo de l’île Maurice.
Le Roussette Livingstonii (Pteropus livingstonii) est présent aux Comores, comme 10 espèces de reptiles endémiques.
Enfin, Mayotte se distingue par ses richesses marines (770 genres de poissons de mer, appartenant à 356 espèces différentes et à 114 familles) et le Maki de Mayotte (lémurien appelé également Ankoumba en kibouchi ou Comba en shimaoré).
Les îles de l’Océan indien regorgent également des trésors en faunes endémiques. Elles sont les premières productrices mondiales de Vanille qui est le fruit de certaines orchidées lianescentes tropicales. Les îles de Nosy-be, Mayotte et les Comores approvisionnent les plus grandes maisons de luxe européenne en parfumerie en Ylang Ylang.


Economie des îles du Trapèze des Mascareignes

La situation économique des îles du Trapèze des Mascareignes est très disparate. Le PIB par habitant à La Réunion est par exemple 47 fois supérieur à celui de Madagascar.
Les deux premières puissances économiques de l’Océan Indien sont les Seychelles et La Réunion. Le premier a connu une croissance économique forte et constante depuis quelques années. Le PIB par habitant aux Seychelles est de 16 433,94 USD en 2018, dont 30% grâce au tourisme.
Le PIB par habitant à l’île de La Réunion est de 22 777 $USD en 2015. Pendant quelques années, cette île a connu la meilleure croissance économique de toutes les régions françaises. Le tourisme a généré plus d’un milliard d’euros de recette à La Réunion en 2017.
L’économie de l’Ile Maurice se repose essentiellement sur la canne à sucre qui occupe 90% de la surface agricole et le tourisme (14% du PIB). En 2018, le PIB par habitant dans cette île du Trapèze des Mascareignes à de 11 238,69 USD.
Concernant l’île de Mayotte, son économie progresse et atteint le 3ème rang dans la région avec un peu plus de 9 220€. Elle se base majoritairement à l’agriculture, l’agroalimentaire, la pêche et l’aquaculture.
Madagascar et Les Comores sont les deux pays les plus en difficulté économiquement dans la région, dont un PIB par habitant de 527,50 USD (2018) pour le premier et de 1 415,26 USD (2018) pour le second.

Politique dans cette zone de l’Océan Indien

La zone du Trapèze des Mascareignes est considérée comme une plaque tournante pour la géopolitique mondiale.
Tout d’abord, les Forces Américaines et Françaises sont présentes dans cette région dans le cadre de la lutte contre la piraterie au large des côtes de la Somalie. Ensuite, les navires d’assaut Américains se retrouvent à proximité des Seychelles. Et enfin, la Base militaire Américaine de Diego Garcia se retrouve non loin de la zone Est du Trapèze des Mascareignes.
Pour défendre les intérêts économiques et politiques des îles sur le plan international, la Commission de l’Océan Indien (COI) a été créé en 1982. Elle regroupe les 5 pays présents dans cette région: l’île Maurice, La France, L’Union des Comores, Les Seychelles et Madagascar.

Culture des îles vanille

La popularité des îles du Trapèze des Mascareignes s’exporte au delà des frontières à travers variétés et richesses culturelles. Côté musique, L’île Maurice et les Seychelles ont leur Sega, La Réunion est connu pour la Maloya. Le Salegy traverse la côte ouest et le nord de Madagascar, allant jusqu’en Mayotte.
Plusieurs artistes et musiciens ont pu faire connaître leur île au niveau francophone et international, à l’instar du rappeur Soprano qui vient des Comores, de Tizy Bone du groupe Tragédie, originaire de Madagascar, ou du groupe Cassiya de l’île Maurice.
Tous les ans, des festivals et événements internationaux sont organisés dans ces îles pour mettre en valeur les diversités culturelles.

Démographie

Plus de 28,3 millions d’habitants constituent la population totale des îles du Trapèze des Mascareignes.
Madagascar est l’île la plus peuplée de cette zone du Sud Ouest de l’Océan Indien avec ses 25,7 millions d’habitants., suivi de l’île Maurice et ses 1 364 283 habitants. Les Seychelles sont les îles les moins peuplées avec moins de 260.000 habitants.
Les îles se distinguent particulièrement par la jeunesse de sa population. A Madagascar et aux Comores par exemple, presque 40% des habitants ont moins de 14 ans.

Langues

Le créole Seychellois, le créole mauricien et le créole Réunionnais sont différents mais puisent leur sources dans le même tronc commun aux créoles à base lexicale française.
La langue malgache (Madagascar) est d’origine austronésienne, proche du malais. A Mayotte, on parle le shimaore ou mahorais en plus du français. Les langues sont plus diversifiées aux Comores. Il n’existe pas de langue comorienne unifiée. On parle le shimwali à Mohéli, shindzuani à Anjouan et shingazidja à la grande Comore.

Tourisme dans ces archipels au sud est de l’Afrique

Le Trapèze des Mascareignes est l’une des plus belles destinations touristiques mondiales. Les Seychelles ont enregistré plus de 384.000 touristes en 2019, La Réunion explose tous les ans son record en arrivée des touristes en atteignant 574.000 visiteurs en 2018. Avec ses 1 341 860 touristes en 2017, l’île Maurice détient le record de l’Océan Indien.
Dans cette zone de l’Océan Indien, on retrouve :

  • les plages de sable blanc aux paysages de cartes postales,
  • une variété et une richesse en biodiversité,
  • des hôtels pour tous les budgets, allant de non-classé aux meilleurs hôtels de luxe du monde,
  • une richesse marine et sous-marine en découvrant les animaux comme les baleines, tortues de mer etc.